Article: Sortir du schéma répétitif transgénérationnel 2017-03-20T21:06:39+00:00

Sortir du schéma répétitif transgénérationnel

 Lorsqu’on se livre à l’examen de son arbre généalogique, on peut observer des répétitions de dates, prénoms, évènements, métiers etc… sur plusieurs générations ce qui produit l’ effet paradoxal d’une continuité inébranlable et en même temps celui du télescopage de la temporalité. D’aucun diront d’un déterminisme à toute épreuve…

Qu’il s’agissent de traumas, deuils non faits, secrets, non-dits, violences, abus, vécus dans les générations précédentes, ceux –ci ont laissé leurs traces psychique et/ou physique chez leurs descendants par le fait même de n’avoir pas pu être élaborés, c’est à dire parlé, dit, mis en rituel.

Ainsi, le schéma répétitif poursuit sa course, cherchant par ces rappels de dates, d’évènements, de prénoms.. à commémorer la place d’un ancêtre par exemple qui ne doit pas être oubliée tout en restant tabou. Cet héritage souvent bien encombrant et insoupçonnable se rappelle à la loyauté de ses membres lors de situations ou d’évènements du présent venant faire écho au vécu antérieur d’autres générations.

Il faut savoir que l’enfant enregistre les données du schéma répétitif à travers les comportements non-verbaux de son entourage. Quand il s’agit de secrets par exemple, l’enfant « sent » que quelque chose est caché, tabou, interdit de paroles; mais il va taire ses ressentis pour adhérer au déni familiale et garder sa place dans sa famille et “choisir” inconsciemment d’exprimer ses sensations confuses sous forme de somatisations ou de comportements inhabituels très embarrassants pour ses parents.

L’enfant devenu adulte retrouve ses sentiments et sensations confuses face à des situations de son présent qui viennent rappeler un contexte, des configurations relationnelles ou un évènement vécu dans le passé familial. Pour échapper à l’ état d’angoisse et la charge émotionnelle qui l’envahit il va agir ce qu’il ressent et reproduire ainsi une situation qui ressemble à ce qui a été vécu antérieurement. Par exemple, en cachant à un enfant qu’il y a eu dans sa fratrie un frère ou une soeur décédé avant lui, cet enfant va exprimer des symptômes en lien avec le membre décédé. Devenu adulte, et dans une position parentale, l’ombre de cette place endeuillée qui n’a pu être parlée  va ressurgir, créant une anxiété  qui fait l’objet d’une projection sur la place de son enfant. Cela va se traduire par une angoisse qu’il lui arrive quelque chose, de le surprotéger, ce qui aura le même effet sur l’enfant, car exposé aux angoisses de son parent,il se retrouve mis à une place menaçante sans  en comprendre le sens.

Cela apparaît principalement lors de passages génératifs ou de crises familiales (naissance, adolescence, mariage, séparations affectives, décès, mutations..). par exemple : la crise conjugale qui s’envenime pour arriver à une situation d’impasse ou la seule solution envisageable est la séparation. Chacun  avait fait le choix de l’autre dans le projet d’avoir un couple solide tout en ayant secrètement la crainte que l’autre l’abandonne. La peur cachée, non dite est souvent fondée sur une réalité vécue à une autre génération et ayant eu des conséquences désastreuses sur la cohésion familiale. En conscientisant les ressorts souterrains de la relation, on peut trouver pour les conjoints, une date anniversaire  inscrite dans les mémoires inconscientes et  qui a été activée pour « marquer » l’évènement antérieur, cela ne va peut-être rien changer dans la décision de se séparer, mais apporte un sens qui permet de s’orienter différemment dans le présent et le futur.

Ces « rendez-vous » avec la mémoire familiale  ne peuvent prendre  sens  que lorsque les interférences  transgénérationnelles sont conscientisées. 

Les symptômes se manifestent généralement  à travers des comportements inadaptés aux situations qui se présentent : angoisses, débordements émotionnels,  conflits exacerbés, sensations confuses de mal-être,  symptômes dépressifs, phobies, addictions, voire des troubles psycho-pathologiques ( comportements délirants par exemple).La phrase qui exprime les transmissions inconscientes à l’oeuvre, est :  » çà me dépasse, je ne comprends pas ce qui m’arrive, je ne me reconnais plus..

 Exemple : Une jeune maman demande de l’aide car elle n’arrive pas à s’attacher à sa fille de 2 mois. Elle dit se montrer indifférente et distante dans la relation affective, le toucher avec son bébé. Elle supporte très mal ses pleurs qu’elle interprète comme des colères.  Dans le dessin de son arbre généalogique,  on décèle que sur au moins 4 générations, un certain nombre d’enfants  sont mis en nourrice, élevés par une autre personne, et des mystères planent sur des enfants qui auraient pu être abandonnés, fruits d’un adultère. Cette prise de conscience provoque chez elle beaucoup d’émotions et le souvenir  que sa mère lui disait  lorsqu’elle était toute petite, qu’elle la laissait chez une voisine ni maternelle, ni maternante et qu’elle pleurait beaucoup.  Elle va apprendre aussi un peu plus tard, par une de ses tantes maternelles, que sa mère ne voulait pas d’enfant, que la  grand-mère maternelle  ayant été destituée de ses droits parentaux, les 3 soeurs avaient été séparées et trimballées dans des familles peu accueillantes. Cette part de l’histoire lui était inconnue et ces mises en lumière du passé de la branche maternelle ont éclairé le présent de cette jeune femme qui a pu  regarder et s’approcher de sa fille avec plus de tendresse.

La thérapie transgénérationnelle aide à comprendre,et à libérer  les situations souffrantes de l’histoire familiale en investiguant à partir du génosociogramme les informations issues des prénoms, places, dates, métiers, évènements – syndromes anniversaires qui renseignent sur les transmissions inconscientes spécifiques à chaque place. Ainsi, en revisitant et en réhabilitant les places de chaque membre ayant composé le système familial, l’individu peut alléger ses tensions internes et trouver une juste distance par rapport au passé familial.

La thérapie transgénérationnelle, engage le corps tout autant que la parole en travaillant sur la restauration des liens intergénérationnels et sur l’enracinement du sujet dans sa place d’origine.

Dans ma pratique je propose plusieurs outils systémiques et psycho-corporels pour accompagner le processus transgénérationnel et favoriser la libération des mémoires émotionnelles ( dont les  constellations familiales  permettant d’explorer le « caché » portant l’ombre familiale et de mettre en lumière les dynamiques relationnelles inconscientes entre les générations). 

La thérapie transgénrérationnelle est une méthode qui fait ses preuves: elle permet de  libérer un potentiel transformateur avec souvent des effets bénéfiques sur les autres membres de la famille non présents dans le cadre du groupe. Ces effets sont d’autant plus probant en associant les 2 méthodes : thérapie transgénérationnelle et constellations familiales). J’ai pu  ainsi constater dans ma pratique que cela permettait de :

  • retrouver du sens à sa place dans la famille ainsi que dans l’espace socioprofessionnel ;
  • se relier à ceux connus et inconnus de sa généalogie ce qui renforce le sentiment d’identité et d’appartenance  et apporte énergétiquement une consistance corporelle de force et d’ancrage.
  • se distancer des souffrances de l’histoire familiale et s’alléger des dettes de loyautés
  • recontacter l’ouverture dans le présent en libérant l’âme des fardeaux hérités.
  • s’approprier son héritage afin de pouvoir en disposer librement et de manière adaptée.
  • revenir à Soi, dans la confiance et la conscience de sa vie( de sa place dans le monde), des ressources à disposition, issues de l’arbre généalogique  prêtes à être éveillées au profit de son épanouissement.

Maureen Boigen – tous droits réservés

 

 

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