LE COUPLE et les LIENS TRANSGENERATIONNELS

Le couple conjugal est celui qui décide de se conjuguer à la première personne du pluriel. ( Patrick Estrade)

L’autre n’est pas seulement celui ou celle qui m’accompagne sur le chemin de la vie. Il C’est celui que je rencontre et qui me fait découvrir en miroir des parts de moi et de mon histoire familiale masquées dans ma propre famille.

Nous sommes tous issus d’un couple (quoi qu’il ait été) mais au delà du couple, nous sommes issus d’une alliance.

Quelle différence entre un couple et une alliance ?:

Un couple : ce sont deux personnes qu’elles soient homo ou hétérosexuelles unies et engagées dans des liens affectifs quelque soit la forme juridique. 

L’alliance fait référence à un accord  celui qui autrefois et encore aujourd’hui, soudait l’union entre des souverains, entre des Etats dans le but de marquer ou d’étendre un territoire et d’asseoir la souveraineté mais tout autant dans ce qu’on appelle « les mariages arrangés ».

« Qu’est ce qui fait qu’un homme et une femme se rencontrent, se choisissent, et décident de former un couple ?  A quel moment cela se produit-il ?  Pourquoi celui-là, ou  celle-ci?, qu’est-ce qu’elle(il) trouve en lui (en elle) qu’il(elle) connaît déjà ?

L’importance des circonstances dans lesquelles le couple se rencontre, se choisit, s’unit va avoir des conséquences sur leur descendance et cela parfois sur plusieurs générations. Contexte familial, social, culturel, politique, historique, tous ces ingrédients sont contenus dans le moment de la rencontre et influent sur leurs projets d’union et d’avenir .

Un homme et une femme s’unissent avec tout un avenir devant eux, conditionné par un passé familial  plus ou moins chargé. Chacun va vers l’autre avec son roman familial en poche et rencontre l’autre à un moment précis, décisif de son existence.

Au-delà de la rencontre, de l’alliance, ce sont deux familles qui vont s’unir ou se haïr : chacune regardant son intérêt à faire entrer tel gendre ou telle bru  – pièce rapportée – dans son groupe familial avec, on peut l’imaginer,  toutes les tensions, les conflits, les haines dites et  non-dites qui vont fermenter les relations familiales .

 La constitution du couple se fait  dans l’union de 2 familles, de 2 histoires, avec comme objectif inconscient de réparer, de comprendre (par la répétition) une situation particulière du passé familial : non-dits, secrets, injustices, échecs, deuils non faits, etc…C’est tout un condensé de situations qui passe à travers l’alliance, à travers l’anneau du mariage, de l’union.

Le cas de CATHERINE

A l’origine : un couple au 19ème s : Elle, une aristocrate épouse un roturier ; ils ont 5 enfants dont 2 garçons jumeaux et une petite fille, Juliette qui a une nette préférence pour un des frères jumeaux, Alexandre . Un  attachement très fort se crée entre Juliette et Alexandre qui aura des conséquences sur les générations suivantes. Juliette et Alexandre vont étre séparés très jeunes à cause d’une mésentente entre les parents et ne se reverront que tard dans leur vie.
Juliette va se marier avec un Alexandre, qui va décédé d’un accident,  à 25 ans. Entre temps, ils ont eu des jumeaux : garçon – et fille Alexis et Julia, Julia va se marier en 1
ère noce avec un homme dont la date de naissance est très proche de la sienne (gemellité), issu de l’aristocratie (répare sa grand-mère ) qui meurt à 25 ans d’un accident. Ils ont eu une petite fille Catherine. Julia se remarie avec un homme : Alexandre qui va décédé prématurément d’un accident de voiture.

Catherine va choisir un conjoint dont le père (le beau-père de C.) s’appelle Alexandre.

Maureen BOIGEN@tous droits réservés.

 

 

 

La Mort, les morts et les fantômes familiaux

La Mort, les morts et les fantômes familiaux

La mort est une expérience dont nous ne connaissons rien puisque c’est un lieu d’où nous ne revenons pas pour en parler. On peut parler du mourir mais pas de la mort, c’est le fantasme qui  en parle.

La mort est inscrite biologiquement dans le processus de vie ( chaque seconde des milliers de cellules se détruisent pour faire place à des cellules qui se construisent), nous nous détruisons et construisons en permanence. L’autodestruction des cellules est indispensable au processus de naissance d’autres cellules.

Pour l’inconscient, nous sommes éternels. La réalité de la mort  apparait face au corps d’un défunt  dans l’aspect de la désintégration.

Selon Didier Dumas, «  l’être humain construit les représentations de sa propre mort en enterrant ses proches. Dans notre société, la mort est tabou, au sens où elle est imparlable. On n’en parle pas plus à l’enfant qu’entre adultes. On oublie, du même coup, que ce qui est hors mots devient impensable, et cela fait qu’il est de plus en plus difficile de mourir ».

Les fantômes de l’Arbre

En refusant d’endosser le deuil et ses conséquences, on refuse d’introduire en soi la partie de soi-même déposée dans ce qui est perdu.  On  refuse ainsi de savoir le vrai sens de la perte, celui qui ferait qu’en le sachant on serait autre, différent de celui qui est mort.

La question du deuil non fait se pose radicalement  dans la pratique de l’approche transgenerationnelle. La personne confrontée à une situation de son présent à laquelle elle ne peut faire face, est très fréquemment sous l’emprise inconsciente d’un secret, d’un non-dit, ou de deuils non faits dans les générations précédentes. Ceux-ci continuent à peser de tout leur poids sur la descendance.

Ce que j’appelle deuil non fait se rapporte à des évènements traumatiques dont l’impact émotionnel a eu des conséquences plus ou moins désastreuses pour ceux qui les ont vécus ou en ont été témoins. Il peut s’agir tout autant de pertes de membres proches que de pertes de territoire, ou autres situations ayant fait effraction dans le psychisme et qui n’ont pu être élaborées.

La  thérapeutique de l’arbre généalogique n’est pas accessible à tout un chacun et nombre de personnes sont réfractaires à remuer le passé familial. Pourtant, de nombreuses dépressions et symptômes dépressifs sont reliés aux deuils non faits.  Par manque de conscience ou par refus d’admettre cette théorie, on cherche à se détourner des douleurs anciennes et bien vivantes en soi.  C’est le cas dans les relations fusionnelles avec les parents. Lorsque l’un d’eux décède, un grand vide se creuse pour le ou la survivante qui se vit comme morte avec ce parent, ou sur le point de partir le ou la rejoindre.  Les relations continuant à fusionner dans la mort comme elles l’étaient dans la vie.

Voici quelques questions à se poser face à son arbre familial :

-Quelles sont les morts qui ont eu le plus d’impact, d’influence dans la famille ?

-Avez-vous assisté aux enterrements ?

– Y a t –il une sépulture pour x ? savez vous ou il ( elle) a été enterré(e) ? avec qui ?

– Qu’est ce qu’on a perdu dans cette situation de perte ?

– Comment célèbre-t-on les morts dans votre famille, rituels autour de la mort ?

Maureen BOIGEN @tous droits réservés

SEMINAIRE : La mort, le deuil et les rituels à  Toulouse et à Paris

Ouvert aux participants ayant effectué le cycle 1 de la formation ainsi qu’à des professionnels ayant une pratique dans le champ transgénérationnel et à des particuliers familiarisés avec l’expérience en psychogénéalogie.

plus d’infos 

Maureen BOIGEN @tous droits réservés

Pratique transgénérationnelle

 

Pratiques transgénérationnelles (psychogénéalogie, constellations..)

Au début de ma pratique psychothérapeutique, il y a une quinzaine d’années, il m’est vite apparu que la plupart des patients qui investiguaient leur histoire pour retrouver un fil conducteur de  sens, frappaient plus ou moins indirectement à la  porte du transgénérationnel de leur histoire familiale.

Lorsque j’ai  proposé l’accès à cette porte de leur préhistoire, la parole qui s’est libérée à cet endroit était très attendue d’être entendue. Des mots, des histoires, des souvenirs qui se précipitaient à la mémoire de leur hôte et cherchaient un contenant capable d’accueillir ce qui  était indicible dans leur propre famille.
l’effet libérateur obtenu était comme inattendu, mais fortement bienvenu.

Pourtant ce qui paraît  simpliste dans ces quelques lignes d’introduction, ne l’est pas du tout en réalité. Il y a de fortes implications  dans les mécanismes relationnels intrafamiliaux et des enjeux importants pour éviter tout changement compromettant l’équilibre, fragile, du système familial. Ainsi on voit apparaître clairement combien chacun, individuellement souhaite apporter des changements dans sa vie, sortir de mal-être plus ou moins répétitifs, et en même temps combien la loyauté à certains membres de la famille est prégnante.

La question de la place que l’on occupe dans sa famille est au centre de ce travail. Il s’agit de patiemment démêler les intrications qui se sont fabriquées à cette place afin de déployer tout l’espace en attente de réalisation..
ce qu’il y a dire ( et il y en a beaucoup) pour étayer mon propos c’est que la perspective transgénérationnelle est un complément  indispensable d’une pratique thérapeutique. Elle est ce qui permet de « guérir » de sa famille en se déliant tout en se reliant. La compréhension des trajectoires de vie des générations précédentes   offre  une distanciation par rapport à ce qui était vécu sur un mode identificatoire  et ouvre sur d’autres perspectives d’avenir pour soi et ses proches.

De nouveaux liens se mettent en place autant avec soi-même dans des relations  plus authentiques avec son arbre intérieur qu’avec d’autres de la famille ou de rencontres inédites.

Etre en paix avec soi, avec ceux qui ne l’ont pas été, avec ceux qui attendaient d’être libérés d’un poids familial trop lourd à porter, voilà quelques uns des  bienfaits de cette exploration dans nos fondations de vie..

Des stages, des séances, des formations pour en savoir plus et surtout pour expérimenter ces forces à l’oeuvre dans notre existence, rejoignez les infos sur le site

Maureen BOIGEN – tous droits réservés

 

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Le génosociogramme en psychogénéalogie

 

Le génosociogramme,créé  par les pionniers de la thérapie familiale (dont Grégory Bateson, l’école de Palo Alto…) est souvent utilisé dans le cadre d’entretiens en thérapie familiale. C’ est la carte intérieure de nos représentations familiales et généalogiques dans la manière dont  cette mémoire  s’est inscrite dans notre construction psychique et physique ( mémoires corporelles; mémoires utérines).

Le génosociogramme dans le cadre de la psychogénéalogie revêt d’autres fonctions :

  • Il permet  d’effectuer un état des lieux  de l’inconscient familial grâce au dessin  tracé par le client et de situer les places de chacun telles que le sujet se les représente.
  • Il raconte l’histoire de la filiation : ‘événements, de prénoms, de dates, de métiers, ces « enchainement » interpellent par rapport à la place que nous occupons et à l’orientation des choix que nous pensons avoir décidé pour notre vie. Les dysfonctionnements du système familial ( deuils non faits, secrets, non-dits, exclusions etc..) exercent une forte incidence sur la trajectoire personnelle de chaque individu et apparaissent dans le génosociogramme sous forme d’oublis, de ratures, de surcharges…)
  • Décodage des informations identitaires (nom, prénoms, dates, évènements, lieux, métiers…)
  • Valeur thérapeutique de remise en ordre générationnelle

La confusion des places est fréquente lorsque l’enfant a dû prendre soin de ses parents précocement. (parents malades physiquement ou psychiquement). C’est le cas de la fille qui se sent mère de sa mère par ex.

La confusion au niveau des places est source de conflits, voire de violence intra-familiale. Remettre de l’ordre, rétablir les positions au niveau de chaque génération permet de se séparer, de se distancer de l’histoire (et des histoires) de la famille, et de reprendre sa juste place.

Ce fut le cas pour Patricia, née après une soeur décédée, et dont la mère elle-même était enfant de remplacement d’un frère ainé, mort avant sa naissance. Le génosociogramme lui a permis de poser les places de ces enfants « oubliés », de parler de l’impact dans l’histoire familiale de ces traumas et de prendre une juste distance pour exister à sa place. 

Se réapproprier des parcelles de vies « antérieures » contribue à enrichir sa vie intérieure et à devenir disponible pour rencontrer  l’extérieur sous d’autres aspects . C’est un processus libérateur qui ramène chacun dans sa propre place et offre de multiples ouvertures vers le futur à partir de ce qui est contacté dans le présent des histoires passées. les effets s’en font sentir sur l’entourage proche et surtout les enfants qui profitent avec soulagement des charges redistribuées à leurs expéditeurs.

Maureen Boigen@tous droits réservés

Se former aux thérapies transgénérationnelles avec le CFTTA

L’approche transgénérationnelle apporte des éclairages qui potentialisent les effets d’un processus thérapeutique et soulage de « lourdeurs » bien souvent inexplicables autrement. Cette dimension de l’histoire et de la mémoire familiale contribue, en outre, à ramener le sujet dans une appartenance, dans des loyautés positives et à réintégrer une dynamique vivante à partir des places reconnues et réhabilitées.

Depuis 2009 le CFTTA propose des formations  aux  thérapies transgénérationnelles à Paris et Toulouse  

  • un cycle de base permettant de se former à la psychogénéalogie et à l’analyse transgénérationnelle
  • des séminaires d’approfondissement
  • un cycle de formation aux constellations familiales.

La  dimension transgénérationnelle s’invite de plus en plus dans les processus des patients de tous âges  qui cherchent à comprendre les silences et souffrances de leur héritage familial à travers différents messages : symptômes physique et/ou psychique,  désordres émotionnels et relationnels au sein des couples, des familles, des fratries…

Le cycle de base en psychogénéalogie et analyse transgénérationnelle, composé de 13 journées intensives a été conçu pour  offrir aux professionnels de l’accompagnement une formation dynamique  constituée d’apports théoriques conséquents, d’une transmission d’outils performants spécifiques à l’approche tarnsgénérationnels  et d’un travail  d’expérimentation de son histoire familiale avec une implication requise dans le groupe et les sessions de formation. ,

 Les particuliers sensibilisés à cette approche transgénérationnelle trouveront dans la formation l’opportunité de vivre un processus personnel  permettant d’entrevoir et d’envisager  de nouvelles orientations.

Il s’agit d’une approche clinique expérientielle,la transmission porte sur un savoir faire et un savoir être. Le génosociogramme est au coeur de l’enseignement pédagogique des modules de formation structurés selon un cheminement progressif amenant les stagiaires  à expérimenter différents outils en lien avec les thèmes proposés. La formation s’articule autour de 3 axes principaux : l’approche psychanalytique, l’approche systémique et l’approche socio-historique.

Les participants peuvent ainsi éprouver la puissance du  travail transgénérationnel par l’entrainement à la pratique et l’apprentissage des outils proposés.

Vous trouverez sur le site toutes les informations nécessaires (ici) pour les prochaines sessions de formations en psychogénéalogie.

La formation en constellations familiales est très complémentaire au travail thérapeutique transgénérationnel,  offrant une mise en relief, par la dimension corporelle et spatiale,  de la structure familiale métabolisée en chacun de nous.

cette formation permet :

  • d’Acquérir les principes de base théorique et pratique des constellations familiales et systémiques.
  • de connaître les dynamiques pathogènes générant désordres, conflits, abus…
  • d’Explorer l’outil des constellations familiales en se familiarisant par l’expérience avec les mécanismes complexes du système….

Maureen BOIGEN

Le livre de Maureen BOIGEN : l’expérience de l’arbre est à nouveau disponible-

les transmissions du féminin

 De nombreuses femmes à travers la planète s’éveillent pour revendiquer  une place de femme  adaptée au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Cette place, qui inclut la parole et le corps, est encore bien peu respectée dans de nombreuses situations et de plus, les transmissions des femmes qui nous ont précédées dans les générations antérieures ont laissé une empreinte puissante dans l’esprit des femmes d’aujourd’hui.
 C’est un énorme chantier(!! Les conditions de vie des femmes d’hier sont souvent en décalage avec ce que vit une femme aujourd hui tant dans son féminin de femme que dans son féminin maternel et pourtant dans le for intérieur des femmes d’aujourd’hui, il persiste des peurs, des angoisses, des émotions plurielles, qui font penser que les souffrances des femmes d’hier transitent chez leurs descendantes à travers des symptômes psychiques ou physiques dont la plupart des femmes sont conscientes.
La parole silencieuse de ces femmes-ancêtres muselée par des secrets encore verrouillés, exprime toute la complexité d’autoriser à se donner une pleine expression dans son être femme d’aujourd’hui.  Revendiquer  une identité sexuée tout en valorisant ses capacités d’esprit et de coeur reste un défi . Pourtant depuis quelque temps, la parole se délie, les femmes parlent et dénoncent les abus. Que ce soient des abus psychiques, affectifs, sexuels, le besoin de se libérer d’expériences traumatiques les mobilise vers une démarche transgénérationnelle pour extraire les racines d’humiliations, de soumissions, de colères et de silences.  Tout aussi important et indispensable est la transmission des forces que ces femmes d’hier ont accumulé dans les diverses expériences rencontrées.  Le potentiel féminin contenu dans ces transmissions est en attente d’être actualisé par les descendantes de ces lignées. Pour autant, il est incontournable de se retourner sur le tragique des vécus antérieurs et traverser les effets des souffrances antérieures pour récupérer le courage, l’énergie disponibles à ces places de femmes.
Le poids du passé familial, ancestral est énorme et les femmes d’aujourd’hui peuvent récupérer un potentiel important de ce qui est resté suspendu, inachevé, souffrant et en attente d’accomplissement. 
J’ai moi-même compris l’importance dans mes lignées féminines,  encombrées de fantômes et de blessures de mes grand-mères frustrées, silencieuses et dans une violence intériorisée du silence imposé, de ce travail de retour vers mes sources de vie pour y puiser le sens et renouveler le sang d’une transmission vivante. Ces femmes qui m’ont précédée sont faites de courage, de douleurs, de blessures d’humiliation dans leur coeur et leur corps de femme et de deuil d’enfants dans leur coeur de mères. Ce qui me touche le plus c’est ce défaut de paroles, d’expression de leur être, dans ce qu’elles ont dû enfermer, cloitrées dans les murs des conventions sociales de leur époque, de la morale, du  regard  d’autrui et du jugement sur elles-mêmes.  J’ai recueilli la sagesse et la bienveillance de ma grand-mère paternelle, émigrée de Pologne, ayant fuit les persécutions que j’ai connu trop peu de temps mais dont il me reste une présence digne et humble, un regard doux et profond et la légitimité de la quête du sens de l’existence.
 Cette voie  du féminin est non seulement à explorer sérieusement, mais ces voix ont besoin d’exprimer le vivant de leur destin, de se faire entendre et d’être accueillies.  Il  y a une vraie nécessité à se défaire des fardeaux si pesants dans le corps des femmes qui se manifestent à travers douleurs et lourdeurs.
 De très nombreuses femmes vivent en s’oubliant, en s’exilant de leur corps, de leur âme et parfois de leur coeur. Elles se retirent au profit de l’autre. Cette qualité du souci de l’autre, elles ne peuvent l’appliquer  à elles-mêmes car cela ne s’est pas transmis ainsi. Dans les générations antérieures, il était valorisé de s’occuper d’autrui et pas de soi. Il fallait se mettre au service de l’ Autre ( famille, société, Dieu..). Il était mal vu, mal perçu de déroger à cette morale. Alors les filles ont appris à faire plaisir, à plaire, à séduire pour se faire accepter, aimer, désirer tout en effaçant soigneusement  leurs besoins profonds, leurs désirs secrets et sacrés. Ces besoins et désirs refoulés sont la source  de manifestations de mal-être, de malaises, de maladies,  symptômes physiques et/ou psychiques qui apparaissent en signal d’un besoin de reconnaissance et de reconnexion à soi, à son âme, à sa nature profonde.
L’éducation, pendant des décennies, s’est portée sur l’apparence, la beauté, gages d’assurance pour trouver un mari. Plus tard, dans les générations soixante huitardes, les mères ont voulu pour leur fille des études, pour conquérir une place qu’elles n’avaient pas pu revendiquer à leur époque. Faire de leur fille, une femme indépendante financièrement pour ne pas dépendre du mari est devenu un projet  important  pour les parents et surtout pour les mères envers leurs filles.
L’arbre du féminin nous aide à mettre en lumière les traumas vécus antérieurement et intérieurement et indique tout autant les blessures des femmes qui peuplent nos lignées, que la façon de trouver  le chemin pour soi  dans une place de femme enracinée dans son présent d’aujourd’hui.  Les mères et grand-mères de notre généalogie ont traversé des épreuves qui ont affecté leur place, leur corps, leur coeur de femme et/ou de mère. Plus ou moins bien accueillie en tant que fille, elles se sont élevées dans la société selon des codes et des valeurs propres à leur époque. Elles ont transmis la vie dans des conditions souvent douloureuses.  La reconnaissance des places du féminin  dans l’arbre familial et ancestral apporte une reconnaissance  à notre propre place de femme.
Renouer avec sa souveraineté naturelle, c’est  décider pour soi-même de sa vie et pour cela le retour au corps est indispensable pour retrouver les perceptions sensorielles du vivant. C’est le lieu pour s’appartenir, pour sortir du maternel et entrer dans l’être femme en exprimant ses besoins ses désirs, et en sortant  des comportements infantiles du devoir plaire avant de se faire plaisir.

Quelques exemples parmi tant d’autres rencontrés dans ma pratique :

  • Noémie, 37 ans ne comprend pas pourquoi elle n’arrive pas à avoir un enfant malgré de nombreuses tentatives en PMA.

Dans son arbre familial, Noémie est la 2ème enfant dans une fratrie de 4 , mais elle est aussi la 3ème, car le 1er est décédé à quelques jours après l’accouchement. Lorsqu’on regarde dans l’arbre maternel, la grand-mère a eu un 1er enfant mort à 1 mois, et l’arrière grand-mère a aussi perdu un 1er enfant.  Dans cette transmission, on voit que la place du  1er enfant est risqué. Noémie découvre cette répétition et c’est pour elle comme un » ciel qui s’ouvre « . Lui revient en mémoire certaines paroles de sa grand-mère qui déplore la grossesse et répète qu’une femme devrait être libre de choisir de ne pas avoir d’enfant. La mère de Noémie quand à elle, harcèle sa fille pour qu’elle « tombe enceinte ».  Noémie prend conscience de tous ces enjeux et s’allège de la pression qu’elle se met à travers sa mère et l’histoire qui la précède.  J’apprendrais quelques mois plus tard qu’elle est enceinte..

  • Natacha, 56 ans, se sent bloquée dans sa vie amoureuse, elle a divorcé il y a 12 ans et ne retrouve pas un compagnon avec qui elle pourrait envisager un couple durable.

Les lignées de femmes dans son arbre montrent combien nombre d’entre elles sont restées seules, veuves ou divorcées après un 1er mariage. Sa mère reste nostalgique de la vie conjugale avec le père de Natacha dont elle s’est séparée (sans divorcer) après 20 ans de mariage. Natacha est très proche de sa mère et éponge patiemment les regrets que cette dernière évoque et notamment qu’aucun homme ne pourra remplacer son mari parti avec une autre femme. Natacha découvre dans le processus transgénérationnel combien elle est en colère face à ces femmes restées seules qui ont accepté leur sort comme si elles le méritaient. C’est la colère qui servira de déclencheur pour que Natacha se désidentifie de ces destins de femmes, de mères et qui sont restées au fond des filles de leur propre mère sans accéder à leur place de femme.

  • Sylviane, 48 ans, vit dans une dépression larvée depuis de nombreuses années et se sent incapable de prendre sa vie en charge.

Dans le cas de Sylviane, le travail transgénérationnel a mis longtemps a démarré, comme si elle ne pouvait pas, ne voulait pas regarder au-delà de sa propre histoire. Une histoire jalonnée de deuils rencontrés lorsqu’elle était déjà enfant. C’est en dévoilant la place d’une 1ère femme de son arrière grand-père, décédée à 24 ans qu’elle saisit les concordances de dates et même de prénom. Cette jeune femme s’appelait Sylvette. Sylviane fait le rapprochement avec la période de ses 24 ans, sa 1ère dépression après une rupture amoureuse brutale. Nous avons réhabilité cette place de Sylvette, retracé sa vie, et tout ce qu’elle a laissé derrière elle de regrets, nostalgie, tristesse chez son jeune mari, qui bien que remarié quelques années plus tard a gardé en lui l’amour de sa 1ère épouse.  Sylviane a regagné des forces de vie, s’est engagée dans une voie artistique qu’elle n’arrivait pas, jusqu’à présent, à investir. 

 

Depuis plusieurs années,  j’ai à coeur d’accompagner les femmes vers un processus de transformation et de réappropriation de leur désir, de leur force et  de leur espace sacré. Les stages que je propose mettent l’accent sur la place des femmes à travers les générations sur la relation à leur corps à travers les trajets de transmissions afin de délivrer l’élan créateur de leur nature profonde.

lire l’article sur Pandore et le rôle de la 1ère femme  ici

Les stages pour expérimenter l’arbre du féminin et se réapproprier ses forces de femme :

  •  » Qui j’ose aimer » mars 2018
  •  Femmes : « Corps, Coeur et Ame »  Résidentiel  – Aout 2017- 
  • Les constellations du Féminin – 9 et 10 décembre 2017.

 RENTREE 2017

« Les Transmissions du féminin « 

Conférence à 2 voix avec Sophie Rose

Quelles empreintes le féminin a-t-il gravé dans le corps-psyché de nos ancêtres femmes ? Des transmissions conscientes aux transmissions inconscientes, comment  notre féminin opère-t-il en regard de l’héritage de nos mères et de nos grand-mères ?

en présence de M Meténier, Conteuse 

A Bordeaux, le 4 octobre à l’Espace Temps, 19 rue du Loup

 à Paris le 12 octobre rue des Martyrs Paris 9ème

 Intervenante :  Maureen BOIGEN, psychothérapeute formée à l’analyse Psycho-organique, spécialisée dans le champ clinique transgénérationnel,, formatrice et superviseur en psychogénéalogie, formée aux constellations familiales, directrice du Centre de Formation aux thérapies transgénérationnelles d’Aquitaine.                      Auteure de :l’Expérience de l’Arbre , guérir des mémoires familiales, Editions Chiron

Renseignements    Maureen Boigen : 06 43 18 52 81 mail :cftta33@hotmail.fr

Ma famille, mon histoire et moi

Avez vous déjà essayé de vous représenter ces 3 termes génériques ? lorsque j’ai proposé cet exercice, il s’est avéré que c’était ô combien compliqué et complexe, ainsi pour de nombreuses personnes, chacun de ces mots s’inclut dans l’autre. Ce qui est une réalité psychique :Je nais d’une famille et mon histoire est inévitablement reliée à ma famille, même si mon histoire est composée en majeure partie de l’histoire familiale, jusqu’à ce que je prenne conscience que j’ai une histoire distincte, différenciée de celle de ma famille d’origine. Cela nécessite un chemin pour conscientiser cette perception de son histoire individuelle.

Notre chemin de vie est constitué de nombreux croisements visibles et invisibles avec l’histoire familiale ( voire généalogique). Bien souvent, ce sont des dates anniversaires qui accrochent l’inconscient pour nous mettre en relation avec ce qui est resté en souffrance, en instance de résolution.Chaque accroche qui nous relie aux générations précédentes dans des situations, des évènements qui ressemblent à du déjà vu, déjà vécu porte en elle le germe d’une transmissions créatrice.  Encore faut-il y voir clair et ce n’est pas évident !                                                                            

Nous ne pouvons échapper à ce lien d’appartenance porteur d’identités multiples ( nom de famille, milieu social, culturel…) et pourtant notre chemin individuel nous attend pour exister pleinement, c’est à dire exprimer notre être au monde. Or très fréquemment, les personnes  ont conscience que cela ne leur appartient pas, mais les non-dits, les secrets, les deuils non faits alourdissent toute tentative de se libérer du poids familial.  Il nous faut passer par l’expérience de la différenciation et de la reconnaissance de cette famille et de son histoire pour sortir des transmissions aliénantes dans lesquels certains de nos ascendants sont restés prisonniers.

L’inconscient familial en soi nous rappelle que nous sommes issus de cette famille d’origine, et exerce une tension pour déposer et regarder ce qui nous retient.  Le flux de la vie reste toujours présent à travers les transmissions transgénérationnelles comme autant de sillons  tracés dans lesquels nous pouvons nous inscrire et manifester notre pleine conscience des ressources qui nous sont léguées.

Bien sûr le Moi  a besoin de  comprendre et de faire le tri;  il est ce levier, dans son aspect existentiel, c’est à dire au-delà du Moi identitaire, par lequel l’accès à l’autonomie, à la liberté d’être est possible. Comme tout parcours du héros, le  Moi  doit franchir des obstacles, éprouver la séparation avec l’histoire souffrante de la famille, sortir vainqueur d’une culpabilité qui bien souvent, tend à le rattraper au coin d’une confiance retrouvée. Mais cette lutte, c’est tout bonnement pour arriver quelque part sur une plage de bien être ( au sens littéral) et de goûter la chair du moment présent sous le regard  intérieur bienveillant de ceux par qui nous sommes au monde.

Oui, c’est un chemin de vie, la vie toute entière est contenue dans le chemin sur lequel nous avançons. Se défaire des noeuds transgénérationnels est une nécessité pour soi, pour sa descendance et une reconnaissance pour son ascendance. Çà participe de la quête du bonheur, qui est devenue une valeur dans notre société actuelle. Mais on voit bien qu’une lutte s’engage pour être heureux, çà n’est pas donné, l’histoire des parents, grand-parents nous le rappelle, alors comment s’extraire de la souffrance d’autrefois pour libérer l’espace de vie pour soi ? se permettre d’être au lieu de faire ce qui est un chemin libérateur pour sortir du schéma répétitif. Ce dernier se nourrit consciencieusement des rôles que nous occupons dans notre groupe familial et de ce qui est véhiculé à travers les émotions, paroles, comportements qui nous font réagir.

Se retourner pour identifier la source de ce qui est enchevétré dans notre actualité est salvateur pour ne  plus reproduire sans conscience.

une histoire :

  • Alfredo est un petit garçon de 6 ans qui n’a pas d’amis. Il est souvent seul à l’école et seul chez ses parents où il joue dans son coin. Sa mère, Maria s’inquiète pour lui et fait la démarche pour comprendre ce qui se passe en lien avec l’histoire familiale. Les Grand-parents de Maria d’origine espagnole  ont émigré en France dans les années 60. Maria est née en France après 4 frères et soeurs ( dont 1 frère est décédé en bas âge). Maria n’a jamais connu ce frère qui s’appelait Alfredo, dont personne ne parlait mais qui était représenté sur plusieurs photos encadrées. Maria avoue qu’à la naissance de son fils, elle n’a eu aucune hésitation sur le choix du prénom, par contre elle dit que depuis 2 ans, elle a peur qu’il arrive quelque chose à son fils. 4 ans est l’âge auquel son frère est décédé. C’est en énonçant cette histoire, en la parlant devant son arbre généalogique et devant son fils que ce dernier s’est animé et s’est exclamé :  » Mais moi je suis vivant, Maman ! » . Il faut dire aussi que ce prénom d’Alfredo porte des empreintes familiales assez chargée puisque qu’un grand oncle de Maria est mort à la guerre de 14-18 à l’age de 24 ans, il s’appelait Alfredo et que du côté paternel, un Alfredo est décédé à 4 mois.

@tous droits réservés Maureen Boigen

la série TV « origines » sur france 3

J’ai bien apprécié le ton de cette nouvelle série TV sur France 3, intitulée  » Origines ».qui s’approche beaucoup du travail effectué en psycho-généalogie.Le concept assez nouveau associe généalogie et enquête policière avec 2 personnages principaux : 1 généalogiste, Margot Laurent et un capitaine de police, Arthur du Plessis.

1er épisode,

Une femme est assassinée. L’indice qui intrigue la généalogiste, c’est un arbre généalogique déchiré.

L’enquête commence avec une recherche d’héritier, une femme recherche sa soeur disparue. 50 ans plus tot, un couple ne pouvait pas avoir d’enfant, le mari est médecin et il reçoit une jeune fille de 17 ans enceinte qui dans un 1er temps ne veut pas garder son enfant,  Le coupe s’apprête à adopter ce bébé, mais la jeune mère change d’avis et le mari la tue. Elle sera enterrée dans une tombe sans son nom de famille. Ce couple garde le silence sur les origines de cette enfant et ils auront un fils quelques années plus tard. La fille sera ouvertement la préférée, le fils légitime en souffrira. LA fille agée de 50 ans n’a pas eu d’enfant, elle découvre le secret sur ses origines et apprend que son père (adoptif) a tué sa mère. Elle cherche à l’empoisonner mais rate son coup, au cours d’un affrontement avec son ou elle lui crie sa haine et cherche à le tuer, il se retrouve dans la meme situation avec la m ême arme ( des ciseaux)  et poignarde sa fille.

On voit combien le secret  inavouable est lourdement pesant dans les choix de vie que font les individus : la fille adoptée par le meurtrier de sa mère, sacrifie sa vie personnelle pour répondre aux attentes de son père, le fils légitime n’est pas reconnu par son père qui lui préfère « sa « soeur ». Les sentiments du fils envers ses parents n’ont d’égal que le secret qui entoure celle qu’il considère comme sa soeur et le crime impuni du père.  Le secret encrypté est conducteur vers des actes criminels.

Autre épisode

L’intrigue part d’une armoire dans laquelle on a trouvé le cadavre d’une enfant de 6ans. L’ancienne propriétaire de ce meuble  se débarrasse de l’armoire car cette dernière la met mal à l »aise.  Elle est grand mère d’une petite fille de 6 ans,dont les parents sont morts dans un accident.  Dans l’avancée de l’enquête, on découvre que ses vrais parents ont disparu il y a 50 ans et qu’on ne les a jamais retrouvés. Cette femme apprend  brutalement la vérité sur ses origines  et évoque que curieusement et surtout inconsciemment elle a acheté ,il y a quelques années, cette maison dans laquelle sans le savoir, elle aurait vécu jusqu’à l’âge de 2 ans. elle a eu un sentiment de familiarité inexplicable au moment d’y habiter.

Le puzzle en se reconstituant fait apparaître que plus de 50 ans plus tôt, 2 adolescents, un soir de réveillon de Nöel se venge  des punitions de leur professeur en lui volant sa voiture, ce qui provoquera un enchainement de conséquences dramatiques dont l’abandon de l’enfant de 2 ans qui se trouvait dans la voiture et que les adolescents vont abandonner sur les marches d’une maison. Ou on apprend que le policier chargé de l’enquête à cette époque est un compagnon d’infortune du professeur, les 2 ayant été internés dans un bagne d’enfants à Mettray.

Dans ces 2 épisodes, le dénouement arrive sur un secret de filiation. Les coincidences s’enchainent et prennent sens au fur et à mesure que le puzzle se réunit. Ces scénarios sont bien construits : on y trouve tous les ingrédients de la fabrique des secrets ( protéger la famille) mais aussi du suintement de ces secrets : dans le  1er épisode, la préférence affichée pour la  fille au détriment du fils légitime, dans le 2ème  épisode, la ressemblance frappante entre la petite fille morte et la petite fille vivante, qui marque le trait de filiation inconnue.  L’objet de transmission, l’armoire dont on veut se débarrasser car elle s’avère inconsciemment trop familière.
vers la fin des épisodes, la généalogiste confie au policier qu’elle même est une enfant trouvée. Ainsi, la sensibilité de la généalogiste l’amène vers des affaires auxquelles son histoire personnelle n’est pas étrangère.

http://www.france3.fr/emissions/origines/diffusions

Maureen Boigen@ tous droits réservés.

 

 

 

des relations familiales à l’estime de soi

Virginia Satir , célèbre psychothérapeute américaine,  insiste sur le fait que nous nous comportons dans nos relations sociales, professionnelles et affectives sur le même modèle hiérarchique que nous avons imprimé dans notre enfance : parent/enfants, patron/employés, professeur/étudiants, qui relève d’un modèle de relation dominant/dominé ).

La construction de l’image de soi d’un individu, les expériences et les interactions avec les proches, surtout avec les parents, très tôt dans l’enfance sont cruciales. Ces interactions d’abord dyadiques forment un espace social de résonance, dans lequel le vécu de ces contacts et les réactions en réponse de l’enfant servent de base pour la construction d’un modèle de représentation hiérarchique.

A l’âge adulte, cette notion hiérarchisée de la relation, enracinée dans une mémoire émotionnelle, génère des angoisses et sentiments de ne jamais être à la hauteur dans de nombreuses situations relationnelles.

Il est important de conscientiser la différence entre le rôle que nous prenons dans le cadre de nos relations et qui nous sommes vraiment. C’est à cet endroit que l’estime de soi  se construit ( plus ou moins bien ) et permet d’aborder les situations et les relations dans la confiance de ce que nous sommes vraiment. L’estime de soi implique d’être en contact avec sa vérité émotionnelle et avec le contexte extérieur, c’est un juste équilibre entre l’interne et l’externe.

Selon Virginia Satir, une faible estime de soi est un obstacle au changement : elle remarque qu’une personne dotée d’une faible estime de soi a tendance à parler en termes de fatalité des événements qui surviennent dans sa vie. Une estime de soi faible mène la personne dans des comportements de soumission et de trop grande adaptation pour faire plaisir à l’autre plus qu’à soi-même.

La maturité humaine, selon elle, c’est lorsque la personne est capable de se prendre en charge pleinement elle-même. Le changement passe donc par le processus suivant

  1. La prise de conscience du rôle, du masque que nous portons de manière préférentielle aux yeux des autres, dans tout groupe humain : victime, leader, justicier, aidant, boute-en-train…
  2. La découverte que nous ne sommes pas notre masque, nous ne sommes pas identifiables et réductibles à ce masque.
  3. Acceptation de ce que nous sommes derrière le masque, avec nos ressources et nos faiblesses
  4. Réadaptation plus harmonieuse de ce que nous sommes dans le groupe humain, sur un modèle de croissance et de développement et non plus sur un modèle hiérarchique.

Dans la plupart des familles, l’estime de soi est une notion méconnue.  Par exemple,  des parents qui se dévouent à leur famille en s’oubliant eux-mêmes et de ce fait présentent un modèle sacrificiel à leurs enfants,  parents bien intentionnés  qui attendent des résultats de leurs enfants ( ce qu’ils font) mais ne s’intéressent pas à ce qu’ils sont.

Au niveau transgénérationnel, l’estime de soi a été la plupart du temps mise à mal, avec des circonstances tragiques vécues par certaines générations, ou personnages de la famille, qui ont abattu toute confiance et respect envers l’entourage. Les relations en ont été directement affectées et les conséquences transmises vers la descendance. Revisiter l’histoire familiale et ses habitants permet que chacun (e) retrouve sa valeur.

Virginia Satir nous rappelle que si nous changeons, le système, le groupe humain (familial, professionnel ou autre) tout entier change car il doit trouver un nouvel équilibre. Elle part du principe que chaque être humain a le potentiel nécessaire pour développer ce qu’elle appelle les cinq libertés, à savoir :

  • voir ce qui est
  • ressentir ce que l’on ressent
  •  dire ce qu’on veut dire
  • aller chercher ce dont on a besoin
  • agir en accord avec soi même en tenant compte du contexte, ce qui implique toujours un risque.

Pour V Satir, la thérapie consiste à amener les gens du connu insatisfaisant mais sécurisant à la découverte de l’inconnu et de la vie.

Maureen BOIGEN

La place des secrets de famille

 

La place du secret de famille est proportionnelle à la qualité de la communication au sein de ladite famille. Les secrets ont leurs secrets pour rester secrets et certains restent bien scellés malgré le désir et les efforts du patient pour les percer à jour.

ex : Célia se questionne sur l’origine de la toxicomanie de son frère et sur l’agression sexuelle dont sa fille a été victime. « C’est une évidence pour moi de venir vers la psychogénéalogie pour comprendre ce qui s’est transmis dans ma famille à mon insu  » Un peu plus tard  dans  la même séance, elle dit : « Je pense qu’il n’y a pas de secret dans ma famille… Il y a des non-dits, mais il m’est impossible d’interroger qui que ce soit ».  

Célia persévère dans un travail transgénérationnel pour approcher les secrets, mais elle ne peut aller au-delà du tabou, il lui est impossible de transgresser l’image d’une famille installée, exemplaire, et respectable. La loyauté fait loi. Dénoncer un secret, c’est trahir, c’est devenir un renégat.

À quel moment la prescription touche-t-elle sa limite ?

Un secret  de famille bien gardé au niveau ancestral ou généalogique prolonge ses effets sur plusieurs générations. Ce qui se transmet de façon transgénérationnelle est de l’ordre du non-dit, de l’inter-dit, du mot-dit (de la malédiction) ou du trop-dit (l’ancêtre glorieux ou scandaleux). Ce sont des transmissions en creux, des défauts de transmission qui soulignent le rôle de la faute cachée ou des transmissions brouillées. Ces creux, ces trous sont des zones d’ombre et de flou, véritables aspirateurs avides d’émotions, d’images générés par les derniers arrivés dans le système familial..

En général, la famille fait bloc pour contenir le symptôme aux première et deuxième générations.  Le tabou autour du secret est bien marqué par des stratégies d’évitement de certains sujets pouvant donner lieu à des malaises, à l’émergence de conflits latents. La différenciation est prohibée. Les symptômes du système portés par certains de ses membres renforcent les liens.

C’est le cas de pathologies psychiques ou physiques allant de problématiques addictives à des conduites suicidaires, des maladies, etc. De cette façon chacun garde sa place, même au prix d’aliéner son existence. Le membre qui entreprend une démarche d’autonomie pour sortir de l’aliénation du système devient suspect et dangereux pour les autres membres. En voulant dénoncer le tabou, il devient tabou lui-même. Pour garder et défendre le secret de famille,  le système familial va projeter sur le traître, un sentiment de culpabilité. Pour garder sa place, ou plutôt son rôle, il faut exclure le gêneur, celui qui dérange, qui trahit, qui n’est plus loyal au groupe en le desservant.

Évelyne s’est mise à dos toute sa famille pour avoir dénoncé l’existence d’un enfant caché, abandonné par son père avant son mariage avec sa mère. Il est parfois cependant vital de sortir du groupe, même en se faisant éjecter. Simon a appris il y a quelques années un secret avec lequel il a beaucoup de mal à vivre. Dans la famille, chacun est au courant, mais personne n’en parle. le non-dit règne en maître et Simon étouffe :« C’est eux ou moi, ou j’implose avec eux ou, au pire, je fais tout exploser. »

L’étrange dérange :  Le sentiment d’étrangeté rythme les ressentis des individus en proie aux secrets familiaux. les membres du groupe savent , mais tous n’en ont pas connaissance. Ce paradoxe est typique des familles où il se passe quelque chose, mais qui demeurent dans le déni. Dès lors qu’un secret se constitue dans le système, chacun est concerné et s’arrange, consciemment ou inconsciemment,pour sceller l’union autour de lui. Cela est valable un temps – nécessaire pour assurer le bon fonctionnement et l’équilibre du groupe. Quand celui-ci vacille vers trop de fermeture au monde ou bien qu’un changement devient indispensable pour redéfinir les places de chacun, le secret a besoin d’être partagé. C’est le cas, par exemple, à la naissance d’un enfant ou au décès d’un parent. 

En ( brève) conclusion  : Ma façon de travailler avec la psychogénéalogie et/ou analyse transgénérationnelle ne vise en aucun cas à forcer la révélation du secret de famille. L’intérêt thérapeutique est pour le patient, de sortir des effets du secret, de mettre à jour les résidus émotionnels infiltrés dans la mémoire familiale et incrustés dans les recoins de la psyché sous forme d’affects, de comportements addictifs, compulsifs… Pour cela j’utilise certains outils spécifiques s’adressant à la mémoire du corps ( on dit bien : porter un secret..).

Extraits du livre » l’Expérience de l’arbre – guérir des mémoires familailes » ed Chiron Tous droits réservés

Différents stages sont proposés et permettent d’aller plus loin dans la reconnaissance de l’héritage familial inconscient.

les stages de psychogénéalogie

Stage sur l’origine émotionnelle de nos symptômes (psychiques/physiques)

@tousdroitsréservésmaureenboigen

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