sortir des répétitions familiales

Les répétitions familiales se révèlent lorsqu’on se livre à l’examen de son arbre généalogique.  On  observe ainsi un schéma répétitif de dates, prénoms, évènements, métiers etc… sur plusieurs générations .Ce qui produit l’ effet paradoxal d’une continuité inébranlable et en même temps celui du télescopage de la temporalité. D’aucun diront d’un déterminisme à toute épreuve…

Qu’il s’agissent de traumas, deuils non faits, secrets, non-dits, violences, abus, vécus dans les générations précédentes, ceux –ci laissent leurs traces psychique et/ou physique chez leurs descendants par le fait même de ne pas être élaborés, c’est à dire parlés, exprimés, partagés, mis en rituel.

 Le schéma répétitif

Par ces rappels de dates, d’évènements, de prénoms..le schéma répétitif poursuit sa course, cherchant à commémorer la place d’un ancêtre par exemple. Place qui ne doit pas être oubliée tout en restant tabou. Cet héritage familial, souvent bien encombrant et insoupçonnable, se rappelle à la loyauté de ses membres lors de situations ou d’évènements du présent venant faire écho au vécu antérieur d’autres générations.

L’enfant enregistre ce qu’il ne comprend pas

Il faut savoir que l’enfant enregistre les données du schéma répétitif à travers les comportements non-verbaux de son entourage. Quand il s’agit de secrets par exemple, l’enfant « sent » que quelque chose est caché, tabou, interdit de paroles.  Il va taire ses ressentis pour adhérer au déni familial et garder sa place dans sa famille. Et de ce fait « choisir » inconsciemment d’exprimer ses sensations confuses sous forme de somatisations ou de comportements inhabituels très embarrassants pour ses parents.

L’enfant devenu adulte retrouve ses sentiments et sensations confuses face à des situations de son présent qui viennent rappeler par transparence, un contexte,  un évènement vécu dans le passé familial. Pour échapper à l’ état d’angoisse et la charge émotionnelle qui l’envahit il va agir ce qu’il ressent et reproduire ainsi une situation qui ressemble à ce qui a été vécu antérieurement.

Par exemple, en cachant à un enfant qu’il y a eu dans sa fratrie un frère ou une soeur décédé avant lui, cet enfant va exprimer des symptômes en lien avec le membre décédé.  Devenu adulte, et dans une position parentale, l’ombre de cette place endeuillée qui n’a pu être parlée  va ressurgir. Celle-ci créant une anxiété  qui fait l’objet d’une projection sur la place de son enfant. Cela va se traduire par une angoisse qu’il lui arrive quelque chose, de le surprotéger, ce qui aura le même effet sur l’enfant, car exposé aux angoisses de son parent, il se retrouve mis à une place menaçante sans  en comprendre le sens.

Ces « rendez-vous » avec la mémoire familiale  ne prennent sens  que lorsque les interférences  transgénérationnelles sont conscientisées.

La phrase qui exprime les transmissions inconscientes à l’oeuvre, est :  » çà me dépasse, je ne comprends pas ce qui m’arrive, je ne me reconnais plus..

 Exemple : Une jeune maman demande de l’aide car elle n’arrive pas à s’attacher à sa fille de 2 mois.

Elle dit se montrer indifférente et distante dans la relation affective, le toucher avec son bébé. Elle supporte très mal ses pleurs qu’elle interprète comme des colères.  Dans le dessin de son arbre généalogique,  on décèle que sur au moins 4 générations, un certain nombre d’enfants  sont mis en nourrice, élevés par une autre personne, et des mystères planent sur des enfants qui auraient pu être abandonnés, fruits d’un adultère. Cette prise de conscience provoque chez elle beaucoup d’émotions et le souvenir  que sa mère lui disait  lorsqu’elle était toute petite, qu’elle la laissait chez une voisine ni maternelle, ni maternante et qu’elle pleurait beaucoup.  Elle va apprendre aussi un peu plus tard, par une de ses tantes maternelles, que sa mère ne voulait pas d’enfant, que la  grand-mère maternelle  ayant été destituée de ses droits parentaux, les 3 soeurs avaient été séparées et trimballées dans des familles peu accueillantes.

Cette part de l’histoire lui était inconnue et ces mises en lumière du passé de la branche maternelle ont éclairé le présent de cette jeune femme qui a pu  regarder et s’approcher de sa fille avec plus de tendresse.

La thérapie transgénérationnelle (psychogénéalogie, analyse transgénérationnelle) 

aide à comprendre et à libérer  les situations souffrantes de l’histoire familiale. En investiguant à partir du génosociogramme les informations issues des prénoms, places, dates, métiers, évènements – syndromes anniversaires renseignent sur les transmissions inconscientes spécifiques à chaque place. Ainsi, en revisitant et en réhabilitant les places de chaque membre composant le système familial, l’individu allége ses tensions internes et trouve une juste distance par rapport au passé familial.

La thérapie transgénérationnelle, engage le corps tout autant que la parole en travaillant sur la restauration des liens intergénérationnels et sur l’enracinement du sujet dans sa place d’origine.

Les stages et formations  que nous proposons ont la particularité de faire l’expérience en conscience de l’héritage familial. Les exercices psycho-corporel et systémique favorisent la libération des mémoires émotionnelles.

 

Maureen Boigen – tous droits réservés

Mythologie familiale-

Chaque famille est unique et constituée d’une mythologie familiale, fondatrice et organisatrice de règles et de croyances, reflétée par une  image interne que chaque membre véhicule ayant valeur de reconnaissance dans le groupe familial et valeur identitaire dans l’espace du social. Le mythe a une fonction défensive de ce qui ne peut être dit, de l’insupportable d’un passé indicible

Le concept de « mythe familial » a été défini par Ferreira, thérapeute américain de l’École de Palo Alto, en 1963, pour illustrer « les attitudes de pensée défensives du groupe familial, soucieux de préserver une »cohésion interne« , et garantissant l’obtention d’un soutien mutuel à l’ensemble d’entre eux ».Le mythe se définit selon Ferreira tel « un ensemble de croyances organisées, partagées a priori par les membres de la famille et leur conférant des rôles spécifiques ». cf article « les mythes familiaux »

le contenu du mythe ( il peut y en avoir plusieurs) est véhiculé à l’intérieur du groupe par un système de règles et de croyances qui peut être évolutif d’une génération à l’autre à travers le récit qu’on en fait tout en gardant une trame de fond enracinée dans le temps. Le mythe en lui-même n’est pas perceptible de l’intérieur, sauf à travers les rituels ( ce qui est mis en actes).

Dans son livre: «  Rien ne s’oppose à la nuit « Delphine de Vigan,  dans une écriture sincère et profonde qui touche au coeur de soi, fait apparaître de manière très singulière la mythologie familiale  dans laquelle chacun des membres est empêtré à son insu. Bien que le roman soit organisé autour du personnage de Lucile, la mère, les  grands parents prennent une place dominante dans le modèle qu’ils incarnent : monde de légendes, d’un certain anticonformisme tout en ayant des règles strictes de fonctionnement interne basées sur le déni : on ne parle pas de ce qui pourrait remettre en cause la responsabilité des parents dans les drames vécus par cette famille.

La famille se veut être une légende vivante : 9 enfants ;Un grand-père à la verve féconde, une grand-mère toute en vitalité adhérant sans conteste aux propos et actions de son mari tout en lui imposant son désir d’une nombreuse progéniture.  Un mythe d’une famille « parfaite » avant-gardiste, gaie, unie… Mais D de Vigan cite : « derrière la mythologie, il y a l’immense fatigue de Liane, son incapacité à s’occuper de Justine après la disparition d’Antonin, une forme d’indistinction propre aux famiilles nombreuses, les liens d’allégeance, de rivalité, (…) il y a Milo dont on ne raconte pas grand chose si ce n’est qu’il est comme l’eau qui dort, lisse et sans remous apparent, et Barthélémy qui se retrouve à l’hopital psychiatrique pour un motif dont il n’est pas très sûr aujourd’hui.(…)  »

Le mythe est fédérateur du groupe familial et à ce titre véhicule des croyances qui deviennent convictions et entretiennent le lien entre les membres.

Dans son roman, Delphine de Vigan cherche à comprendre la souffrance de sa mère qui se suicide à 61 ans, ainsi que ses propres anxiétés vis à vis de ses enfants qu’elle suppose être en lien avec l’histoire familiale. Le moteur du mythe familial est sous-tendu par le déni qui entoure l’attitude incestueuse du grand-père,  et son emprise sur le territoire familial.  Parce que l’un des aspects du mythe est constitué autour de l’apparence, de la beauté des enfants, une des croyances qui en découle est qu’il faut sauver la face, passer outre les souffrances vécues, faire bonne figure.

Un autre aspect du mythe tient dans « nous sommes une famille différente des autres, à contre-courant et nous représentons une réussite ». Dans cette famille où tout a été construit pour valoriser l’ image d’un bonheur familial idéal,  il n’est pas possible de dire sa souffrance, son mal-être qui  pourrait entacher le mythe et menacerait la cohésion familialIe. Il ne faut pas grandir, accéder à l’autonomie, échapper à l’emprise du grand-père. Il n’y a pas d’autre choix que de gommer  la souffrance, d’endurer la honte et la culpabilité en silence, éventuellement d’avoir certains comportements « déplaisants » ( qui évitent la parole confrontante) ou en arriver à la seule issue de secours : mettre fin à ses jours.

Dans cette famille , toute rebellion est condamnable, la violence ne peut qu’être retournée contre soi.  D de Vigan parle à plusieurs reprises de ses hésitations à poursuivre l’écriture, à fouiller dans les décombres de l’histoire familiale, d’interroger les membres survivants par crainte de trahir le mythe.

Elle dit un peu plus loin : »Je suis le produit de ce mythe et d’une certaine manière, il me revient de l’entretenir, de le perpétuer afin que vive ma famille et se prolonge la fantaisie un peu absurde et désespérée qui est la nôtre. (…) à la vision de ce reportage, à les voir tous si beaux, si bien dotés (…) me sont revenus ces mots : quel gachis ».

A partir de ce commentaire très restreint de toute la richesse que contient ce livre sur les méandres psychiques d’une famille en apparence « parfaite », j’ai cherché à rendre compte de ce que le mythe familial représente et ce qu’il crèè de représentations intérieures pour chaque membre.

La période de Noël est propice à l’émergence du mythe dans ce qu’il montre des rituels de la fête, dans ce qui se dit, se tait, comment chacun se place, dans qui est présent ou absent, y compris ce qu’on y mange et comment la fête s’organise.

Le milieu culturel participe à la formation du mythe

C’est le cas dans certaines familles où « on ne touche pas aux mythes » et où l’érosion des pulsions de vie a, un jour ou l’autre, gain de cause. Dans la mesure où le mythe a valeur de conviction partagée, sa remise en question peut être vécue comme une attaque de la cohésion du groupe familial. Tacitement, les règles de soumission au mythe sont transmises, et gare à qui oserait les enfreindre.

 

@tousdroits réservésMaureenBoigen

LE COUPLE et les LIENS TRANSGENERATIONNELS

Le couple conjugal est celui qui décide de se conjuguer à la première personne du pluriel. ( Patrick Estrade)

L’autre n’est pas seulement celui ou celle qui m’accompagne sur le chemin de la vie. Il C’est celui que je rencontre et qui me fait découvrir en miroir des parts de moi et de mon histoire familiale masquées dans ma propre famille.

Nous sommes tous issus d’un couple (quoi qu’il ait été) mais au delà du couple, nous sommes issus d’une alliance.

Quelle différence entre un couple et une alliance ?:

Un couple : ce sont deux personnes qu’elles soient homo ou hétérosexuelles unies et engagées dans des liens affectifs quelque soit la forme juridique. 

L’alliance fait référence à un accord  celui qui autrefois et encore aujourd’hui, soudait l’union entre des souverains, entre des Etats dans le but de marquer ou d’étendre un territoire et d’asseoir la souveraineté mais tout autant dans ce qu’on appelle « les mariages arrangés ».

« Qu’est ce qui fait qu’un homme et une femme se rencontrent, se choisissent, et décident de former un couple ?  A quel moment cela se produit-il ?  Pourquoi celui-là, ou  celle-ci?, qu’est-ce qu’elle(il) trouve en lui (en elle) qu’il(elle) connaît déjà ?

L’importance des circonstances dans lesquelles le couple se rencontre, se choisit, s’unit va avoir des conséquences sur leur descendance et cela parfois sur plusieurs générations. Contexte familial, social, culturel, politique, historique, tous ces ingrédients sont contenus dans le moment de la rencontre et influent sur leurs projets d’union et d’avenir .

Un homme et une femme s’unissent avec tout un avenir devant eux, conditionné par un passé familial  plus ou moins chargé. Chacun va vers l’autre avec son roman familial en poche et rencontre l’autre à un moment précis, décisif de son existence.

Au-delà de la rencontre, de l’alliance, ce sont deux familles qui vont s’unir ou se haïr : chacune regardant son intérêt à faire entrer tel gendre ou telle bru  – pièce rapportée – dans son groupe familial avec, on peut l’imaginer,  toutes les tensions, les conflits, les haines dites et  non-dites qui vont fermenter les relations familiales .

 La constitution du couple se fait  dans l’union de 2 familles, de 2 histoires, avec comme objectif inconscient de réparer, de comprendre (par la répétition) une situation particulière du passé familial : non-dits, secrets, injustices, échecs, deuils non faits, etc…C’est tout un condensé de situations qui passe à travers l’alliance, à travers l’anneau du mariage, de l’union.

Le cas de CATHERINE

A l’origine : un couple au 19ème s : Elle, une aristocrate épouse un roturier ; ils ont 5 enfants dont 2 garçons jumeaux et une petite fille, Juliette qui a une nette préférence pour un des frères jumeaux, Alexandre . Un  attachement très fort se crée entre Juliette et Alexandre qui aura des conséquences sur les générations suivantes. Juliette et Alexandre vont étre séparés très jeunes à cause d’une mésentente entre les parents et ne se reverront que tard dans leur vie.
Juliette va se marier avec un Alexandre, qui va décédé d’un accident,  à 25 ans. Entre temps, ils ont eu des jumeaux : garçon – et fille Alexis et Julia, Julia va se marier en 1
ère noce avec un homme dont la date de naissance est très proche de la sienne (gemellité), issu de l’aristocratie (répare sa grand-mère ) qui meurt à 25 ans d’un accident. Ils ont eu une petite fille Catherine. Julia se remarie avec un homme : Alexandre qui va décédé prématurément d’un accident de voiture.

Catherine va choisir un conjoint dont le père (le beau-père de C.) s’appelle Alexandre.

Maureen BOIGEN@tous droits réservés.

 

 

 

La Mort, les morts et les fantômes familiaux

La Mort, les morts et les fantômes familiaux

La mort est une expérience dont nous ne connaissons rien puisque c’est un lieu d’où nous ne revenons pas pour en parler. On peut parler du mourir mais pas de la mort, c’est le fantasme qui  en parle.

La mort est inscrite biologiquement dans le processus de vie ( chaque seconde des milliers de cellules se détruisent pour faire place à des cellules qui se construisent), nous nous détruisons et construisons en permanence. L’autodestruction des cellules est indispensable au processus de naissance d’autres cellules.

Pour l’inconscient, nous sommes éternels. La réalité de la mort  apparait face au corps d’un défunt  dans l’aspect de la désintégration.

Selon Didier Dumas, «  l’être humain construit les représentations de sa propre mort en enterrant ses proches. Dans notre société, la mort est tabou, au sens où elle est imparlable. On n’en parle pas plus à l’enfant qu’entre adultes. On oublie, du même coup, que ce qui est hors mots devient impensable, et cela fait qu’il est de plus en plus difficile de mourir ».

Les fantômes de l’Arbre

En refusant d’endosser le deuil et ses conséquences, on refuse d’introduire en soi la partie de soi-même déposée dans ce qui est perdu.  On  refuse ainsi de savoir le vrai sens de la perte, celui qui ferait qu’en le sachant on serait autre, différent de celui qui est mort.

La question du deuil non fait se pose radicalement  dans la pratique de l’approche transgenerationnelle. La personne confrontée à une situation de son présent à laquelle elle ne peut faire face, est très fréquemment sous l’emprise inconsciente d’un secret, d’un non-dit, ou de deuils non faits dans les générations précédentes. Ceux-ci continuent à peser de tout leur poids sur la descendance.

Ce que j’appelle deuil non fait se rapporte à des évènements traumatiques dont l’impact émotionnel a eu des conséquences plus ou moins désastreuses pour ceux qui les ont vécus ou en ont été témoins. Il peut s’agir tout autant de pertes de membres proches que de pertes de territoire, ou autres situations ayant fait effraction dans le psychisme et qui n’ont pu être élaborées.

La  thérapeutique de l’arbre généalogique n’est pas accessible à tout un chacun et nombre de personnes sont réfractaires à remuer le passé familial. Pourtant, de nombreuses dépressions et symptômes dépressifs sont reliés aux deuils non faits.  Par manque de conscience ou par refus d’admettre cette théorie, on cherche à se détourner des douleurs anciennes et bien vivantes en soi.  C’est le cas dans les relations fusionnelles avec les parents. Lorsque l’un d’eux décède, un grand vide se creuse pour le ou la survivante qui se vit comme morte avec ce parent, ou sur le point de partir le ou la rejoindre.  Les relations continuant à fusionner dans la mort comme elles l’étaient dans la vie.

Voici quelques questions à se poser face à son arbre familial :

-Quelles sont les morts qui ont eu le plus d’impact, d’influence dans la famille ?

-Avez-vous assisté aux enterrements ?

– Y a t –il une sépulture pour x ? savez vous ou il ( elle) a été enterré(e) ? avec qui ?

– Qu’est ce qu’on a perdu dans cette situation de perte ?

– Comment célèbre-t-on les morts dans votre famille, rituels autour de la mort ?

Maureen BOIGEN @tous droits réservés

SEMINAIRE : La mort, le deuil et les rituels à  Toulouse et à Paris

Ouvert aux participants ayant effectué le cycle 1 de la formation ainsi qu’à des professionnels ayant une pratique dans le champ transgénérationnel et à des particuliers familiarisés avec l’expérience en psychogénéalogie.

plus d’infos 

Maureen BOIGEN @tous droits réservés

Le génosociogramme en psychogénéalogie

 

Le génosociogramme,créé  par les pionniers de la thérapie familiale (dont Grégory Bateson, l’école de Palo Alto…) est souvent utilisé dans le cadre d’entretiens en thérapie familiale. C’ est la carte intérieure de nos représentations familiales et généalogiques dans la manière dont  cette mémoire  s’est inscrite dans notre construction psychique et physique ( mémoires corporelles; mémoires utérines).

Le génosociogramme dans le cadre de la psychogénéalogie revêt d’autres fonctions :

  • Il permet  d’effectuer un état des lieux  de l’inconscient familial grâce au dessin  tracé par le client et de situer les places de chacun telles que le sujet se les représente.
  • Il raconte l’histoire de la filiation : ‘événements, de prénoms, de dates, de métiers, ces « enchainement » interpellent par rapport à la place que nous occupons et à l’orientation des choix que nous pensons avoir décidé pour notre vie. Les dysfonctionnements du système familial ( deuils non faits, secrets, non-dits, exclusions etc..) exercent une forte incidence sur la trajectoire personnelle de chaque individu et apparaissent dans le génosociogramme sous forme d’oublis, de ratures, de surcharges…)
  • Décodage des informations identitaires (nom, prénoms, dates, évènements, lieux, métiers…)
  • Valeur thérapeutique de remise en ordre générationnelle

La confusion des places est fréquente lorsque l’enfant a dû prendre soin de ses parents précocement. (parents malades physiquement ou psychiquement). C’est le cas de la fille qui se sent mère de sa mère par ex.

La confusion au niveau des places est source de conflits, voire de violence intra-familiale. Remettre de l’ordre, rétablir les positions au niveau de chaque génération permet de se séparer, de se distancer de l’histoire (et des histoires) de la famille, et de reprendre sa juste place.

Ce fut le cas pour Patricia, née après une soeur décédée, et dont la mère elle-même était enfant de remplacement d’un frère ainé, mort avant sa naissance. Le génosociogramme lui a permis de poser les places de ces enfants « oubliés », de parler de l’impact dans l’histoire familiale de ces traumas et de prendre une juste distance pour exister à sa place. 

Se réapproprier des parcelles de vies « antérieures » contribue à enrichir sa vie intérieure et à devenir disponible pour rencontrer  l’extérieur sous d’autres aspects . C’est un processus libérateur qui ramène chacun dans sa propre place et offre de multiples ouvertures vers le futur à partir de ce qui est contacté dans le présent des histoires passées. les effets s’en font sentir sur l’entourage proche et surtout les enfants qui profitent avec soulagement des charges redistribuées à leurs expéditeurs.

Maureen Boigen@tous droits réservés

Ma famille, mon histoire et moi

Avez vous déjà essayé de vous représenter ces 3 termes génériques ? lorsque j’ai proposé cet exercice, il s’est avéré que c’était ô combien compliqué et complexe, ainsi pour de nombreuses personnes, chacun de ces mots s’inclut dans l’autre. Ce qui est une réalité psychique :Je nais d’une famille et mon histoire est inévitablement reliée à ma famille, même si mon histoire est composée en majeure partie de l’histoire familiale, jusqu’à ce que je prenne conscience que j’ai une histoire distincte, différenciée de celle de ma famille d’origine. Cela nécessite un chemin pour conscientiser cette perception de son histoire individuelle.

Notre chemin de vie est constitué de nombreux croisements visibles et invisibles avec l’histoire familiale ( voire généalogique). Bien souvent, ce sont des dates anniversaires qui accrochent l’inconscient pour nous mettre en relation avec ce qui est resté en souffrance, en instance de résolution.Chaque accroche qui nous relie aux générations précédentes dans des situations, des évènements qui ressemblent à du déjà vu, déjà vécu porte en elle le germe d’une transmissions créatrice.  Encore faut-il y voir clair et ce n’est pas évident !                                                                            

Nous ne pouvons échapper à ce lien d’appartenance porteur d’identités multiples ( nom de famille, milieu social, culturel…) et pourtant notre chemin individuel nous attend pour exister pleinement, c’est à dire exprimer notre être au monde. Or très fréquemment, les personnes  ont conscience que cela ne leur appartient pas, mais les non-dits, les secrets, les deuils non faits alourdissent toute tentative de se libérer du poids familial.  Il nous faut passer par l’expérience de la différenciation et de la reconnaissance de cette famille et de son histoire pour sortir des transmissions aliénantes dans lesquels certains de nos ascendants sont restés prisonniers.

L’inconscient familial en soi nous rappelle que nous sommes issus de cette famille d’origine, et exerce une tension pour déposer et regarder ce qui nous retient.  Le flux de la vie reste toujours présent à travers les transmissions transgénérationnelles comme autant de sillons  tracés dans lesquels nous pouvons nous inscrire et manifester notre pleine conscience des ressources qui nous sont léguées.

Bien sûr le Moi  a besoin de  comprendre et de faire le tri;  il est ce levier, dans son aspect existentiel, c’est à dire au-delà du Moi identitaire, par lequel l’accès à l’autonomie, à la liberté d’être est possible. Comme tout parcours du héros, le  Moi  doit franchir des obstacles, éprouver la séparation avec l’histoire souffrante de la famille, sortir vainqueur d’une culpabilité qui bien souvent, tend à le rattraper au coin d’une confiance retrouvée. Mais cette lutte, c’est tout bonnement pour arriver quelque part sur une plage de bien être ( au sens littéral) et de goûter la chair du moment présent sous le regard  intérieur bienveillant de ceux par qui nous sommes au monde.

Oui, c’est un chemin de vie, la vie toute entière est contenue dans le chemin sur lequel nous avançons. Se défaire des noeuds transgénérationnels est une nécessité pour soi, pour sa descendance et une reconnaissance pour son ascendance. Çà participe de la quête du bonheur, qui est devenue une valeur dans notre société actuelle. Mais on voit bien qu’une lutte s’engage pour être heureux, çà n’est pas donné, l’histoire des parents, grand-parents nous le rappelle, alors comment s’extraire de la souffrance d’autrefois pour libérer l’espace de vie pour soi ? se permettre d’être au lieu de faire ce qui est un chemin libérateur pour sortir du schéma répétitif. Ce dernier se nourrit consciencieusement des rôles que nous occupons dans notre groupe familial et de ce qui est véhiculé à travers les émotions, paroles, comportements qui nous font réagir.

Se retourner pour identifier la source de ce qui est enchevétré dans notre actualité est salvateur pour ne  plus reproduire sans conscience.

une histoire :

  • Alfredo est un petit garçon de 6 ans qui n’a pas d’amis. Il est souvent seul à l’école et seul chez ses parents où il joue dans son coin. Sa mère, Maria s’inquiète pour lui et fait la démarche pour comprendre ce qui se passe en lien avec l’histoire familiale. Les Grand-parents de Maria d’origine espagnole  ont émigré en France dans les années 60. Maria est née en France après 4 frères et soeurs ( dont 1 frère est décédé en bas âge). Maria n’a jamais connu ce frère qui s’appelait Alfredo, dont personne ne parlait mais qui était représenté sur plusieurs photos encadrées. Maria avoue qu’à la naissance de son fils, elle n’a eu aucune hésitation sur le choix du prénom, par contre elle dit que depuis 2 ans, elle a peur qu’il arrive quelque chose à son fils. 4 ans est l’âge auquel son frère est décédé. C’est en énonçant cette histoire, en la parlant devant son arbre généalogique et devant son fils que ce dernier s’est animé et s’est exclamé :  » Mais moi je suis vivant, Maman ! » . Il faut dire aussi que ce prénom d’Alfredo porte des empreintes familiales assez chargée puisque qu’un grand oncle de Maria est mort à la guerre de 14-18 à l’age de 24 ans, il s’appelait Alfredo et que du côté paternel, un Alfredo est décédé à 4 mois.

@tous droits réservés Maureen Boigen

La place des secrets de famille

 

La place du secret de famille est proportionnelle à la qualité de la communication au sein de ladite famille. Les secrets ont leurs secrets pour rester secrets et certains restent bien scellés malgré le désir et les efforts du patient pour les percer à jour.

ex : Célia se questionne sur l’origine de la toxicomanie de son frère et sur l’agression sexuelle dont sa fille a été victime. « C’est une évidence pour moi de venir vers la psychogénéalogie pour comprendre ce qui s’est transmis dans ma famille à mon insu  » Un peu plus tard  dans  la même séance, elle dit : « Je pense qu’il n’y a pas de secret dans ma famille… Il y a des non-dits, mais il m’est impossible d’interroger qui que ce soit ».  

Célia persévère dans un travail transgénérationnel pour approcher les secrets, mais elle ne peut aller au-delà du tabou, il lui est impossible de transgresser l’image d’une famille installée, exemplaire, et respectable. La loyauté fait loi. Dénoncer un secret, c’est trahir, c’est devenir un renégat.

À quel moment la prescription touche-t-elle sa limite ?

Un secret  de famille bien gardé au niveau ancestral ou généalogique prolonge ses effets sur plusieurs générations. Ce qui se transmet de façon transgénérationnelle est de l’ordre du non-dit, de l’inter-dit, du mot-dit (de la malédiction) ou du trop-dit (l’ancêtre glorieux ou scandaleux). Ce sont des transmissions en creux, des défauts de transmission qui soulignent le rôle de la faute cachée ou des transmissions brouillées. Ces creux, ces trous sont des zones d’ombre et de flou, véritables aspirateurs avides d’émotions, d’images générés par les derniers arrivés dans le système familial..

En général, la famille fait bloc pour contenir le symptôme aux première et deuxième générations.  Le tabou autour du secret est bien marqué par des stratégies d’évitement de certains sujets pouvant donner lieu à des malaises, à l’émergence de conflits latents. La différenciation est prohibée. Les symptômes du système portés par certains de ses membres renforcent les liens.

C’est le cas de pathologies psychiques ou physiques allant de problématiques addictives à des conduites suicidaires, des maladies, etc. De cette façon chacun garde sa place, même au prix d’aliéner son existence. Le membre qui entreprend une démarche d’autonomie pour sortir de l’aliénation du système devient suspect et dangereux pour les autres membres. En voulant dénoncer le tabou, il devient tabou lui-même. Pour garder et défendre le secret de famille,  le système familial va projeter sur le traître, un sentiment de culpabilité. Pour garder sa place, ou plutôt son rôle, il faut exclure le gêneur, celui qui dérange, qui trahit, qui n’est plus loyal au groupe en le desservant.

Évelyne s’est mise à dos toute sa famille pour avoir dénoncé l’existence d’un enfant caché, abandonné par son père avant son mariage avec sa mère. Il est parfois cependant vital de sortir du groupe, même en se faisant éjecter. Simon a appris il y a quelques années un secret avec lequel il a beaucoup de mal à vivre. Dans la famille, chacun est au courant, mais personne n’en parle. le non-dit règne en maître et Simon étouffe :« C’est eux ou moi, ou j’implose avec eux ou, au pire, je fais tout exploser. »

L’étrange dérange :  Le sentiment d’étrangeté rythme les ressentis des individus en proie aux secrets familiaux. les membres du groupe savent , mais tous n’en ont pas connaissance. Ce paradoxe est typique des familles où il se passe quelque chose, mais qui demeurent dans le déni. Dès lors qu’un secret se constitue dans le système, chacun est concerné et s’arrange, consciemment ou inconsciemment,pour sceller l’union autour de lui. Cela est valable un temps – nécessaire pour assurer le bon fonctionnement et l’équilibre du groupe. Quand celui-ci vacille vers trop de fermeture au monde ou bien qu’un changement devient indispensable pour redéfinir les places de chacun, le secret a besoin d’être partagé. C’est le cas, par exemple, à la naissance d’un enfant ou au décès d’un parent. 

En ( brève) conclusion  : Ma façon de travailler avec la psychogénéalogie et/ou analyse transgénérationnelle ne vise en aucun cas à forcer la révélation du secret de famille. L’intérêt thérapeutique est pour le patient, de sortir des effets du secret, de mettre à jour les résidus émotionnels infiltrés dans la mémoire familiale et incrustés dans les recoins de la psyché sous forme d’affects, de comportements addictifs, compulsifs… Pour cela j’utilise certains outils spécifiques s’adressant à la mémoire du corps ( on dit bien : porter un secret..).

Extraits du livre » l’Expérience de l’arbre – guérir des mémoires familailes » ed Chiron Tous droits réservés

Différents stages sont proposés et permettent d’aller plus loin dans la reconnaissance de l’héritage familial inconscient.

les stages de psychogénéalogie

Stage sur l’origine émotionnelle de nos symptômes (psychiques/physiques)

@tousdroitsréservésmaureenboigen

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secrets, mensonges et transmissions

Slide-Psychogénéalogie-Final-site Serge Tisseron, psychanalyste a défini les effets pathologiques du secret comme suit :

Pour qu’il y ait secret dans une famille, il y a 3 conditions :

  • que quelque chose ne soit pas dit
  • qu’il soit interdit de le connaître
  • que ce soit quelque chose de douloureux pour les parents

ces conditions réunies vont faire que l’enfant qui pressent que ses parents, ou d’autres personnes affectivement proches, lui cachent quelque chose  (en évitant certains sujets ou en se fâchant lorsque l’enfant pose des questions) ou mentent systématiquement pour embrouiller les pistes, va réagir dans le repli, dans une perte de confiance en lui-même.

A l’âge adulte, le même enfant pense toujours que les autres ont raison au détriment de ce qu’il ressent et pressent et est souvent envahi, hanté par des pensées qui ne trouvent aucun fondement puisqu’il ne sait pas d’où cela peut provenir et sans vouloir penser que peut s’agir en lui les effets d’un secret familial.

Cette situation est grave car pour certaines personnes cela va dégénérer dans des épisodes délirants.  le silence sur certaines situations non-dites est assimilé au mensonge et fabrique des pensées où l’enfant ( et l’adulte plus tard) imagine les choses les plus extravagantes, mais surtout abominables qui ont pu se produire dans sa famille et dont ses parents pourraient être les auteurs.

Le silence crée une chape de plomb dans les relations familiales et certains membres sont plus sensibilisés que d’autres à cette ambiance qui va s’imprégner et s’exporter dans les relations conjugales, amicales, professionnelles etc..

Je constate fréquemment dans ma pratique de la thérapie transgénérationnelle, que les personnes souffrent de  très gros problèmes de communication dans leur famille avec des ramifications qui vont jusqu’à la violence verbale ou physique en lien avec des secrets de famille. Ceux-ci se manifestent aussi dans des somatisations chroniques ( maux de ventre, troubles de l’audition, par ex ) , des cauchemars, et particulièrement dans toutes les situations de répétitions ou les personnes ont le sentiment de vivre quelque chose qui est à côté de leur vie, de se sentir en quelque sorte  manipulés par un destin qui ne leur appartient pas.

L’histoire de Véronique est la suivante :

Elle est la seconde d’une fratrie de 4 enfants dont le dernier est mort à 4 ans d’une leucémie. Toute la famille a été extrêmement affectée de ce décès, mais on en a plus parlé, et Véronique avait 7 ans à la mort de son frère.

Ce silence a pesé lourdement à la fois dans la douleur et le chagrin qui ne pouvait pas s’exprimer mais également sur les causes du décès qui ont été cachées aux autres enfants. On savait que ce petit frère était malade, mais toute la famille a fait croire que ce n’était pas grave et qu’il allait bientôt revenir à la maison. Véronique a attendu qu’il revienne pendant des années et ne pouvait parler à personne dans son entourage des questions qu’elle se posait, ni de son angoisse à ne pas le revoir.

C’est suite à une fausse couche après le 3ème enfant, que Véronique eut les symptôme d’une dépression qui s’installait durablement et que la mise à jour et en parole de ce deuil non fait la libère de ce poids qu’elle portait depuis 32 ans. Sa mère avait 39 ans lorsque son fils est mort et Véronique le même age au moment de la fausse-couche du 4ème enfant.

histoire de Simone :

Simone a 58 ans au moment où elle me consulte et elle vient d’être grand-mère pour la 1ère fois d’une petite fille, Sidonie. Simone est profondément angoissée depuis que sa fille est tombée enceinte et cette angoisse ne s’est pas calmée depuis la naissance de Sidonie. Sa fille met de la distance avec elle car ne supporte pas l’angoisse de sa mère.

En dessinant son arbre généalogique, Simone fait la remarque que sa grand-mère, qu’elle n’a pas connu est morte lorsque sa mère avait quelques mois. Personne ne sait de quoi cette femme est décédée à l’âge de 26 ans, mais ce qui se dit dans la famille c’est »qu’on lui a réglé son compte »… et la conversation s’arrête là, pas un mot de plus. II a fallu reconstituer le contexte historique de son décès pour que Simone comprenne que cette femme a dû être assassinée à la libération après avoir été tondue. Simone ayant elle-même été rasée partiellement pour une opération chirurgicale et de nombreuses autres histoires de cheveux dans sa famille ont pu donner du sens à ces angoisses de mort qu’elle ressentait au moment où sa fille devient mère.

 

Maureen Boigen@tous droits réservés.

Pourquoi s’orienter vers la psychogénéalogie ?

La psychogénéalogie est une méthode qui apporte du sens à notre existence et aux choix ( bons ou mauvais) que nous avons fait, car notre existence puise à l’origine, son sens dans la matrice familiale. Se retourner pour regarder d’où l’on vient permet de se dégager de bon nombre de fardeaux, de douleurs et de lourdeurs que nous portons à notre insu.

Dans cet article, je vous présente quelques demandes de personnes qui s’orientent vers la psychogénéalogie  dans la quête d’un sens à une période de leur vie :

  • – » Je travaille depuis plusieurs années en psychothérapie, et je constate qu’il y a toujours des empêchements dans ma vie qui viennent de ma famille, j’ai besoin d’explorer à cet endroit.. »
  • « j’ai commencé à avoir des vertiges vers 40 ans et à 44 ans, j’ai cru que j’allais mourir. Il y a un secret autour d’une arrière grand-mère qui s’est suicidée à 44 ans »
  • « J’ai le sentiment de tourner en rond dans ma psychothérapie, il y a quelque chose d’un voile qui nécessite de se lever.. »
  • « j’ai commencé des recherches généalogiques après la mort de ma mère. J’ai eu besoin de renouer des liens et je viens d’être grand-mère mais mon fils s’est éloigné de moi et je ne vois pas ma petite fille.. »
  • « depuis de nombreuses années, il y a des catastrophes  à répétitions dans la famille, je me suis décidée  à faire face à mon histoire familiale, à comprendre et à arréter ce processus, je voudrais faire des projets d’avenir, alors que j’ai tellement peur du futur.. »
  •  » je me questionne dans mon couple, j’ai le sentiment profond que quelque chose m’empêche d’être heureuse et que çà à voir avec ma lignée maternelle »
  • « j’ai un frère qui s’est suicidé et depuis je ne trouve plus ma place dans ma famille ni dans ma vie »
  • « J’ai besoin d’y voir plus clair dans mon couple, je me demande pourquoi j’ai fait le choix d’un homme qui ne me plaisait pas, et avec qui je n’ai pas de désir.  c’est quoi être une femme dans cette famille? »
  • « ma mère a été abandonnée à la naissance, et j’ai toujours porté en moi un profond sentiment d’abandon, comme si c’était moi qui avait été abandonnée, j’ai besoin de comprendre où est ma place »
  •  » J’ai donné un prénom juif à mon fils et en questionnant ma mère,il y a quelques années et bien après la naissance de mon fils,  elle m’avoue que mon grand-père maternel était juif. C’était un secret, il ne fallait surtout pas en parler. »
  • « je suis descendante de survivants de la shoah, beaucoup de traumatismes dans ma famille, je ne suis jamais en paix, je n’ai pas eu d’enfant, je suis envahie d’images morbides »

Ces questions restées en suspens, en souffrance trouvent du sens à travers les réponses fournies par la mise en place d’un arbre de famille et l’analyse des transmissions inconscientes à travers les générations.

Les réponses à ces questionnements, à ces problématiques surgissent de la mémoire lorsque des places généalogiques, des évènements de l’histoire familiale sont évoqués.

Ainsi de nombreuses personnes trouvent des clés à leur mal-être, leurs conflits, leurs difficultés de toutes sortes :

  • « J’ai compris que mon grand-père et sa famille avaient été séparés pendant l’exode et çà a mis du sens sur ma problématique à me séparer de façon récurrente de mes frères et soeurs et à créer du conflit et du désordre pour justifier mon éloignement ».
  • « j’ai pu relier mes angoisses à tous les non-dits, et les secrets des 2 côtés de ma famille concernant des incestes intra-familiaux. Ma mère m’a avoué ce qui s’est passé pour elle et sa soeur et ce fut un moment de grande intensité et de soulagement pour elle et pour moi ».
  •  » je me suis libérée d’un poids énorme lié à un secret sur l’exclusion d’un grand oncle, disparu. C’est dans le travail de repositionnement des places que l’émotion s’est libérée et qu’enfin j’ai pu sentir ce que je portais. A la suite de cette séance, j’ai eu de nouveaux clients dans mon activité professionnelle ».

C’est un voyage, certes très mouvementé de revenir sur le passé, le passif familial.  Mais  les bénéfices se font sentir autant pour soi que pour l’entourage. La descendance profite largement de ce qui s’est découvert, nommé, élaboré et qui vient combler les manques de mots et les manques de sens ayant fait défaut au cours de la transmission généalogique.

Prochains stages  voir Agenda 

Maureen Boigen – tous droits réservés

le prénom : choisi ou subi ?

LE PRENOM, CHOISI  OU SUBI ?? 

le prénom que nous portons est porteur de messages conscients et inconscients reliés à des mémoires transgénérationnelles. En effet, ce composant identitaire recèle de nombreux messages « codés » pouvant nous renseigner sur notre héritage symbolique.

Il y a plusieurs strates à considérer lorsqu’on se penche sur l’analyse des prénoms dans le travail en psychogénéalogie,

  • qui a choisi ce prénom et pourquoi et/ou pour qui ?
  • quel est le projet associé à ce prénom ?
  • l’origine du prénom, dans son histoire, son époque,
  • comment la personne porte ce prénom ? et l’incarne ?
  • comment ce prénom est il relié aux autres prénoms de l’arbre généalogique ?

Voici quelques témoignages de personnes  sur l’attribution de leur prénom.

  • « je porte le prénom d’ une première soeur morte-née, et mon 2ème prénom est Sylvie.. »
  •  « j’ai le prénom d’une soeur de mon père, Annie, morte à 18 ans » et je n’ai jamais aimé ce prénom qui m’alourdit, je me suis faite appeler Anna.
  • « Mon prénom c’est Paule, on attendait un garçon, ma mère m’a donné ce prénom car il plaisait à un des ses amis proches, ami qui était homosexuel, et curieusement j’ai beaucoup d’amis homosexuels… »
  • « je m’appelle Sylviane et dans ma généalogie, il y a des scieurs de long et des gardes forestiers », j’aime mon prénom car il me relie à la nature, espace dans lequel je me ressource.. »
  • ‘je m’appelle Jeanne, prénom de ma grand mère maternelle, elle a donné son prénom à toutes ses petites filles en 2ème prénom, on m’a toujours dit que je ressemblais à ma grand-mère et ce n’est pas facile car c’est une femme qui a eu de nombreux déboires dans son existence.. »
  • Patricia, est mon prénom, il y a des origine italiennes du côté de ma mère, et une de mes grand-mère a été tondue à la libération,( en 1945) elle s’appelait Malicia.. J’ai changé mon prénom à  45 ans et depuis je me porte beaucoup mieux… »
  • on m’a donné le prénom de Claudia, mon grand-père avait une soeur qui est morte avant lui et qui s’appelait Clara, et moi je devais m’appeler Carla…
  • Je porte le prénom de Laurence, et j’ai su il y a peu de temps, qu’un petit frère de ma grand mère était mort noyé, il s’appelait Florent… »
  • Odile est la sainte la plus vénérée d’Alsace, ma grand mère est arrivée seule en Alsace et elle venait de Pologne, mais on ne sait rien d’elle;.. » J’aime mon prénom mais je suis souvent mal à l’aise comme si je sentais que j’avais une mission avec ce prénom.. »
  • Je m’appelle Cécile, et ma mère s’appelle Thérèse, il y a plein de secrets dans la famille, j’ai eu connaissance d’un de ces secrets par une tante, à 15 ans, je ne savais pas quoi en faire, çà m’a rongé, et je comprends que ma mère « taire-aise » est sans doute elle-meme prisonnière de secrets.. »
  • « Je suis Stéphanie et je donne des cours de chant, dans ma famille, un grand-père Louis, était sourd et il y a un secret sur ses origines », j’ai relié mon prénom à mon métier et çà me va bien..
  • Mathilde, mon père m’a donné ce prénom, ma mère était dépressive dans sa grossesse et à ma naissance. Mathilde signifie Force et courage. Et je me suis construite sans le désir ( ma mère n’en avait pas dans sa dépression)  mais dans la volonté. »

Le prénom choisi sera celui qui fait sens pour son porteur, le prénom qu’il aura adopté comme sien tout en l’ayant reçu d’un autre. Le prénom choisi permet de se porter au delà du prénom dans des expériences, des réalisations que l’on peut s’approprier.

le prénom subi reste celui qui est donné sans projet pour l’enfant de  le porter pour lui- (ou elle) même. Le prénom subi  est empreint d’un passé souffrant non élaboré avec le message inconscient de faire vivre ce qui a été oublié.

A la fin d’une de mes conférences, une jeune femme enceinte et sur le point d’accoucher, vient me voir et me dit :  » Avec mon mari, nous ne savons pas quel prénom choisir pour notre fils( qui est le 3ème)  celui que j’aime est le nom de famille du côté de la branche paternelle de mon mari et on ne sait rien sur cette branche là, un autre prénom qui me plaît aussi est celui d’un enfant mort du côté de mon grand-père alors je ne veux pas lui transmettre quelque chose de négatif, et l’autre qui plaît à ma mère c’est un prénom tout nouveau qui n’existe pas dans mon arbre. Je suis paniquée car je vais accoucher très prochainement et je ne sais pas lequel choisir« 

Je lui ai répondu : « Vous allez appeler votre enfant quotidiennement et pendant longtemps, alors choisissez un prénom dans lequel vous allez aimer l’appeler. C’est à vous d’être au clair avec ce choix pour pouvoir un jour lui expliquer pourquoi vous l’avez appelé ainsi. »

les surnoms ont aussi leur importance : titine, nono, véro,  choupette, didi, et bien d’autres encore, dans certaines familles, on appelle les enfants par leurs surnoms uniquement, ils sont dotés d’un prénom qu’on appelle pas.

 Le sens du prénom ou plutôt les sens ( essence) sont multiples et c’est toute la richesse d’explorer cet aspect identitaire afin de dénouer  certaines transmissions aliénantes s’y rattachant.. Il y a à considérer aussi les 2è et 3è prénoms contenus dans l’acte de naissance.  Le prénom dégage aussi une énergie porteuse de sens ( de direction), ces paramètres font l’objet d’un décryptage dans les stages et les formations afin de mettre en lumière les transmissions inconscientes familiales.

Maureen BOIGEN – tous droits réservés.

 

 

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