LOURDEURS ET DOULEURS, une voie (voix) à double sens

LOURDEURS ET DOULEURS, une voie (voix) à double sens.

Le corps et l’esprit réagissent à nos états intérieurs. L’expression de ces réactions est sous-tendue par des situations du passé plus ou moins réglées.

Prenons  la problématique du deuil par exemple qui  apparaît sous différents aspects :

Dans le cas d’un deuil  suite à la mort brutale d’un être cher par exemple l’individu peut réagir dans le déni de la perte : faisant comme si tout allait à peu près bien, disant qu’il faut tourner la page et passer à autre chose, pouvant être irrité de l’affliction des autres qui le ramène à ce qui est insupportable ou intolérable en lui-même.

Cette attitude est pesante pour l’individu lui-même qui ne mesure pas sa douleur et ne peut faire face à la perte, à l’absence de l’être cher. Mais pesant tout autant pour l’entourage qui vit cette perte sur un autre registre. Chacun pouvant alors s’enfermer dans un deuil muet, vécu douloureusement  et d’autant plus que l’un des leurs( ou plusieurs) ne peut prendre sa part de douleur. La lourdeur s’installe dans les relations par manque d’expression de la douleur. Ce sont principalement les enfants qui souffrent de ces deuils non dits, non fait, et qui prennent sur eux, dans des expressions très variées, la charge de la douleur sans parole. le cas suivant illustre le poids du deuil à travers lourdeurs et douleurs : Marie est une femme d’une cinquantaine d’années,  récemment divorcée de son conjoint ayant une vie sociale et professionnelle dans laquelle elle s’épanouit…; mais… pas tout à fait.

Elle dit ressentir depuis très longtemps une lourdeur qui la bloque,  l’empêche d’aller de l’avant, de concrétiser des projets. Elle se sent limitée, alourdie pour passer à l’action, hésitante dans ses décisions. Lorsque je la questionne sur les événements qui pourraient être en lien avec  cette sensation de lourdeur, elle me dresse alors une liste de séparations multiples qui ont balisé sa trajectoire de vie.  Décès des grand-parents lorsqu’elle est adolescente, puis décès de son père dans sa 30 ème année, décès de sa mère et  des séparations  affectives très douloureuses avec des compagnons avec qui elle a vécu. Bien sûr les deuils sont inévitables dans la vie de chacun.

Mais ce qui différencie le vécu d’une personne à une autre, ce sont les conditions de vie dans laquelle cette personne se trouve.  Soit avec un entourage  présent et sécurisant, soit dans un isolement et/ou une solitude propice à entretenir  des réminiscences et à se centrer sur le manque. Pour Marie, elle arrive à mon cabinet, chargée émotionnellement dans la suite de son divorce qui s’est, selon elle, bien passé… Sauf que ce qui passe mal est la réactivation des anciennes pertes qui n’ont pas été intégrées dans lecorps psychique et qui remontent à la surface. Il apparaît au fil des séances  la face cachée du transgénérationnel qui révèle une hécatombe de personnes décédées  dans le contexte de la seconde guerre mondiale.

Ce que l’on peut résumer ainsi : chacun des parents de Marie a subi de lourdes pertes affectives dont il s’est plus ou moins bien remis.  Cette accumulation de deuils  s’est faite sentir sur le mode dépressif de chacun des parents. Marie dit s’être construite sur le manque.  Que l’on peut entendre aussi sur l’incapacité des parents à faire face à leurs propres manques et à transmettre ainsi en filigrane ce manque à leur descendance. Marie prend conscience de ses lourdeurs associées à de vieilles douleurs, des douleurs inscrites dans une mémoire qui la dépasse.

La lourdeur des non-dits véhiculés d’une génération à l’autre, la douleur qui faute de  trouver une parole  s’installe dans le corps. Plusieurs outils conjugués  ont aidé Marie au fil des séances  à sortir de ces lourdeurs et douleurs: j’e lui ai proposé des séances de psychogénéalogie, des séances d’EFT et 2 constellations pour se réapproprier son’héritage d’une part et reprendre le courant de la vie  dans une présence vivante d’autre part. Les lourdeurs et douleurs psycho-corporelles ne se cantonnent pas aux situations de deuils. Les traumatismes vécus ou transmis, les conflits larvés, les violences refoulées, les situations d’abus et bien d’autres cas.

Il est intéressant de s’interroger sur nos lieux internes de lourdeurs et de dépister les vieilles blessures qui  n’ont pas été enterrées. Notre société actuelle prône le bonheur et la joie de vivre , mais on peut pas se déclarer heureux du jour au lendemain.  C’est une réelle opportunité aujourd’hui   pour  tout un chacun  de se mobiliserafin de se séparer des entraves à une vie plus légère et plus satisfaisante.

Maureen Boigen – tous droits réservés

 

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